Monde rural : Des femmes vantent les avantages de l’agro-écologie.


La célébration de la journée de la femme rurale, vendredi, à Fissel Mbadane, a été une occasion pour ces dernières de plaider pour qu’une place importante soit accordée à l’agro-écologie. Ces femmes du mouvement citoyen « Nous sommes la solution » estiment que  2 % du budget national agricole devraient être alloués à ce type d’agriculture.

Le Regroupement communautaire pour l’auto développement de familles (Recodef), basé à Fissel, a célébré la journée de la femme rurale. L’organisation a mobilisé des centaines de femmes rurales du mouvement citoyen « Nous sommes la solution » (Nss). L’accès au foncier était au centre des débats, mais ces femmes se sont plus appesanties sur l’agro-écologie. La preuve le thème du forum de cette journée est axé sur : « Influencer les décideurs à ce que 2 % du budget national agricole soient alloués à l’agro-écologie et que les 0,2 % reviennent aux femmes en agro écologie ».

La coordonnatrice de ce mouvement, Mariama Sonko qui compte 175.000 membres et sympathisants à travers le Sénégal, le Burkina Faso, le Ghana, la Guinée et le Mali, a loué les vertus de l’agro-écologie qui, a-t-elle dit, vise une agriculture sociale et écologique ancrée dans les territoires. Ce type d’agriculture, a-t-elle indiqué, permettra aux populations de regagner leur autonomie, leur sécurité et leur stabilité alimentaires tout en régénérant et préservant leurs patrimoines nourriciers. « Le défi alimentaire est d’assurer à la population une alimentation répondant à ses besoins qualitatifs et quantitatifs dans un contexte de développement durable », a fait savoir Mme Sonko. À son avis, répondre sur le long terme aux besoins alimentaires de l’humanité implique la prise en compte de l’évolution climatique, des modes d’alimentation, du changement d’habitudes, de l’organisation des filières, de l’adaptation des productions, etc.

Agro-écologie Elle a ainsi rappelé la nécessité d’investir dans la recherche et d’associer tous les acteurs économiques et sociaux pour éclairer davantage les choix et trouver des réponses efficaces. À en croire Mariama Sonko, la question de l’alimentation durable intègre la capacité à assurer les besoins vitaux et les conditions d’orientation du système alimentaire mondial vers le respect des piliers d’un développement durable que son l’économie, le social et l’environnement.

Pour Fatou Binetou Diop, l’agro-écologie est la seule voie qui reste à l’agriculture sénégalaise de sortir de la situation précaire dans laquelle elle se trouve. Pour sortir de cette situation, la Nss, selon la coordonnatrice de ce mouvement au nord du Sénégal, propose une réflexion profonde qui permet d’enclencher une réelle mutation de l’agriculture sénégalaise.

Pour Fatou Binetou Diop, le fait d’allouer 10 % du budget national à l’agriculture pour produire 6 % de croissance du Pib est une initiative noble. « Cet engagement pour notre pays représente une opportunité qui devrait permettre de constater de vrais changements dans la vie des femmes rurales qui représentent 36 % des agriculteurs. Seulement, une bonne partie de cet argent est affecté à l’importation des engrais, à l’achat de tracteurs, au paiement de salaires et aux frais de fonctionnement », a-t-elle déploré. Mais « pour que les 10 % alloués à l’agriculture soient ressentis par les femmes, il faudrait qu’ils proviennent exclusivement des finances publiques », a noté Mme Diop.

Selon elle, il est donc temps que seuls les investissements structurants soient pris en compte par l’engagement de Malabo que le Sénégal a ratifié pour permettre aux femmes rurales de mettre en pratique leurs connaissances et leur savoir-faire.

Fatou Binetou Diop, a indiqué que la seule voie qui reste à l’agriculture sénégalaise est l’agro-écologie et le souhait des femmes rurales est que 2 % soient affectés à ce type d’agriculture. « Avec seulement 2 % des 10 % alloués à l’agriculture, le mouvement Nss montrera la voie d’une agriculture diversifiée visant l’autosuffisance alimentaire et résiliente aux changements climatiques », a-t-elle promis.

Les maires de Fissel et de Ndol Ndol, respectivement Cheikh Tidiane Bâ et Pape Sène, ont tous deux félicité ces femmes pour cette initiative qui, à leur avis, démontre toute leur détermination à vaincre la pauvreté et les inégalités dans les zones rurales, mais aussi leur contribution à la sécurité alimentaire. Ils se sont engagés à les accompagner et à leur faciliter l’accès au foncier pour leur permettre de réussir leur mission.

Le directeur-adjoint représentant le ministre de la Femme a encouragé ces femmes pour tous leurs efforts. Mamadou Ndoye qui a rappelé tous les efforts du gouvernement pour permettre aux femmes rurales de jouer pleinement leur rôle dans la dynamique d’émergence du Sénégal. Mamadou Ndoye a assuré aux femmes le soutien de son département pour renforcer leur pouvoir social et économique.

LeSoleil

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