L’Agence d’investissement des Nations Unies (UNCDF) a procédé lundi 21 janvier, en collaboration avec l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), au lancement de son rapport intitulé « le financement mixte dans les PMA ».

Lors d’un atelier de lancement organisé à Dakar, cadres, experts financiers, banquiers, investisseurs et techniciens au développement ont largement échangé sur la problématique de financement des pays moins avancés (PMA). L’objectif principal était d’aborder publiquement les questions de financement mixte dans les pays en développement afin qu’ils puissent tirer profit de ce nouveau mode de financement pour atteindre les Objectifs de développement durable (ODD).

Selon le rapport, les 47 PMA ont un besoin de financement estimé à près de 2500 milliards de dollars pour atteindre les Objectifs de développement du durable (ODD). D’après les prévisions de croissance  à long terme,  35% de leurs populations resteront dans une pauvreté extrême d’ici 2030.

Mais l’UNCDF reste optimiste pour l’Afrique : pour Christel Alvergne, coordonnateur régional, le contexte de croissance démographique fait de la région un marché potentiellement rentable.

Selon elle, deux choses semblent essentielles : l’accès à l’éducation et l’accès au financement. « Les autorités doivent adopter des réformes dans l’espace fiscal national afin de mobiliser davantage les ressources domestiques. Ce qui  aura pour effet  d’augmenter le financement  dans l’éducation et la santé », a-t-elle conseillé.

De son côté, Malick Sy, représentant de l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI) a souligné  que cette initiative permettra de partager sur les nouveaux mécanismes pour développer des financements innovants.

« Il y a beaucoup de problèmes sur les projets de financement. Cela est dû essentiellement au manque d’implication des populations sur les questions de développement », a-t-il  regretté. Et d’ajouter que « les dirigeants viennent avec leurs projets et les appliquent sans y associer les parties prenantes. Et cela cause d’énormes difficultés».

Pour sa part, Mathieu Soglonou, Conseiller Technique Régional de l’UNCDF sur les questions d’inclusion financière de l’Afrique de l’ouest et du centre a évoqué un modèle de financement au Burkina Faso. Selon lui, l’agence a mis en place un mode de financement pour accompagner les petits producteurs notamment dans les fermes (petit élevage et maraichage) dans 3 zones du pays.

Le responsable a expliqué que « l’institution a dégagé un financement initial de 500 000 USD pour fournir l’assistance technique aux institutions financières. Mais également renforcer l’éducation financière des petits producteurs ». « Ce qui est intéressant dans tout cela, c’est que le secteur privé local a trouvé une approche innovante  pour financer l’agriculture  familiale », a-t-il souligné.

« Les banques ont mobilisé 5 millions USD, soit environ 2,5 milliards de FCFA pour faciliter le financement dans l’agriculture familiale. Et les institutions de micro finances ont contribué à hauteur de 9 milliards de FCFA », a ajouté le technicien de l’UNCDF, précisant que « cela  a permis de financer globalement  41 000 petits producteurs ». Ce modèle démontre que lorsqu’on apporte l’expertise, la banque peut financer  le secteur de l’agriculture familiale, a-t-il conclu.

En rappel, le financement mixte est l’utilisation stratégique de fonds concessionnels pour catalyser la mobilisation de capitaux commerciaux privés supplémentaires en faveur d’investissement liées aux ODD dans les pays en développement. Les ressources concessionnelles peuvent être  à la fois nationales et internationales.

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