Entretien avec Lamine Konaté, deuxième secrétaire adjoint de l’alliance pour le développement et

l’amélioration des races (ADAM)

« L’ADAM EST UN PARTENAIRE INCONTOURNABLE DANS L’ELEVAGE AU SENEGAL »

L’élevage qui était l’apanage des peuples nomades est de plus en plus investi par les non-initiés ou

sédentaires au Sénégal. Ces derniers, mus par leur passion, entreprennent des initiatives pour une

meilleure amélioration de leur activité. C’est dans cette logique que l’ADAM a vu le jour. Lamine Konaté

nous en parle.

Parlez-nous de l’ADAM et de sa mission

L’ADAM est une structure créée par le doyen Kifeu Gueye en 1997 avec d’autres passionnés de

l’élevage. Le but comme l’indique l’intitulé était de mettre sur pied un cadre qui permette aux éleveurs

de se réunir et de partager leurs expériences de l’élevage. C’est un réseau relationnel et même

privilégié des amoureux de l’élevage. Aujourd’hui sous la direction d’Abou Kane, l’objectif n’a pas

changé. Elle reste un instrument qui facilite les contacts surtout par rapport à l’Etat. L’éleveur y trouve

des réponses aux questions qu’il se pose grâce à une commission technique et sanitaire disponible

24h/24. C’est en réalité un lieu de formation et de soutien sur tous les plans car nous sommes en

relation avec le ministère de l’élevage et des vétérinaires. Mais il faut reconnaitre que l’amélioration de

La race ovine est prédominante dans les activités parce que c’est la race la plus courante au Sénégal.

Comment se fait l’amélioration des races ?

Elle se fait par une sélection rigoureuse des cellules souches. Lors de la saillie, il faut choisir un géniteur

qui présente toutes les caractéristiques d’un bon mouton : hauteur au garrot et tour de poitrail

imposants. Ces caractéristiques se voient chez les balli-ballis, les azawads et même les touabirs. En fait

l’amélioration c’est juste un croisement et on fait des estimations basées sur l’expérience.

Quelles sont les activités de l’alliance?

En dehors du récent SALADAM, comprenez par là le salon international de l’élevage, l’ADAM organise

deux foires sectorielles dans les localités de Rufisque et Guédiawaye chaque année. Ces foires sont des

phases de qualification pour les membres de l’alliance et même les non membres qui veulent participer

au salon. Par soucis d’espace, tous les membres de l’alliance ne peuvent pas exposer au Saladam. Ainsi,

les sujets sont évalués en fonction de la qualité global entendez par là tout ce qui fait un bon mouton

amélioré. Au final, c’est les meilleurs qui exposent.

Pourquoi tous les membres de la structure ne peuvent pas exposer ?

C’est parce qu’à l’heure actuelle, l’ADAM compte plus d’un millier de membres parmi lesquels plus de

500 sont actifs. Et on n’a pas l’espace nécessaire pour faire passer tout le monde. Aussi, il faut savoir

qu’on a commencé à exposer au CICES (centre international du commerce extérieur du Sénégal) qu’en

2013. Auparavant, on faisait l’exposition à la place de l’obélisque. Et l’espace qui nous est alloué au

CICES n’est pas aussi grand même s’il y a une amélioration cette année. En plus de cela, la sélection est

de bonne guerre dans la mesure où elle pousse les éleveurs à être exigeants envers eux-mêmes dans le

choix des géniteurs. Ils ne sont pas sans savoir que tout dépend de la souche pour être compétitifs. Le

salon l’a même montré car les ¾ des moutons ont dépassé 160 kilos.

Comment être membre de l’ADAM ?

Pour être membre de l’ADAM, il faut avoir la passion de l’élevage à défaut d’être éleveur et disposer

d’une bergerie (rires). Donner des frais d’adhésion qui s’élève à 50.000 francs. La même somme est

aussi versée chaque année et lors de la participation de l’ADAM. Et les membres peuvent même être

dans le bureau comme c’est le cas avec le président actuel.

Quelles sont les perspectives de la structure aujourd’hui ?

En constatant le secteur de l’élevage actuellement au Sénégal, on se rend compte qu’il y a un souci de

professionnalisation. Et aujourd’hui l’ADAM est un partenaire incontournable dans l’élevage. De ce fait,

nous voulons mettre en avant la formation des membres dans les nouvelles techniques de la pratique.

C’est d’ailleurs l’objectif du SALADAM qui est une vitrine pour l’élevage. Vous voyez maintenant, les

bergeries sont devenues des entreprises et un personnel y est employé pour l’entretien des lieux et des

sujets. Ainsi donc, mettre un cadre professionnel adéquat pour que les productions de l’élevage

sénégalais rivalisent avec celles d’autres pays est un des points importants des innovations et

perspectives du SALADAM et de l’ADAM.

Commentaires : 0

Laisser un commentaire

Nos partenaires