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À 29 ans, Flavien Kouatcha, natif de l’Ouest du Cameroun, milite pour le développement agricole de l’Afrique. Le jeune entrepreneur est à la tête de Save our agriculture, une start-up créée en 2015 et spécialisée dans l’aquaponie, une technique encore peu connue au Cameroun.


À la tête de la start-up Save our agriculture, Flavien Kouatcha veut vulgariser la technique de l’aquaponie au Cameroun. Ingénieur de formation, ce passionné d’agriculture conçoit et commercialise des unités aquaponiques aux particuliers et professionnels. Grâce à ce procédé, l’entrepreneur souhaite booster le secteur agricole en Afrique. 

 

À 29 ans, Flavien Kouatcha, natif de l’Ouest du Cameroun, milite pour le développement agricole de l’Afrique. Le jeune entrepreneur est à la tête de Save our agriculture, une start-up créée en 2015 et spécialisée dans l’aquaponie, une technique encore peu connue au Cameroun. Il s’agit d’un système qui permet la culture de plantes et l’élevage de poissons dans un même dispositif, sans utiliser d’engrais, comme nous l’explique ce passionné d’agriculture.

«En effet, l’aquaponie est la mise en symbiose dans un même système, d’un élevage de poissons et d’un bassin de culture des plantes. Il s’agit d’un système vertueux qui permet que les déjections des poissons servent d’engrais naturel pour la croissance des plantes», détaille l’entrepreneur au micro de Sputnik.

 

© PHOTO. SAVE OUR AGRICULTURE

Flavien Kouatcha, promoteur de Save our agriculture

 

Au siège de son entreprise, à Douala, capitale économique du Cameroun, Flavien Kouatcha développe cette technique agro-aquacole moderne à la fois écologique et économique. L’entrepreneur nous en décline d’ailleurs les atouts avec conviction.

«Par ces temps de changement climatique, c’est une solution clairement actuelle dans la mesure où elle permet de cultiver des aliments en utilisant seulement 10% de l’eau consommée par l’agriculture conventionnelle. Elle permet aussi d’obtenir 3 à 4 fois plus de rendements», précise-t-il.

 

Depuis son lancement en 2015, Save our agriculture a commercialisé des centaines de kit aquaponiques auprès de particuliers comme de professionnels. Des kits dont les prix varient entre 80.000 F CFA (122 euros) et 600.000 F CFA (916 euros) l’unité, en fonction de leur taille et des besoins du client. L’ingénieur espère ainsi vulgariser la culture aquaponique dans les métropoles et mettre en évidence sa plus-value par rapport à l’agriculture traditionnelle en zone urbaine.

 

«L’aquaponie ne constitue pas seulement un avantage, permettant de produire dans un espace urbain. Elle permet aussi de réaliser des productions plus importantes qu’en agriculture traditionnelle. Donc, même si un pays regorgeait de vastes étendues de terres fertiles, l’aquaponie aurait sa place», se défend l’entrepreneur.

 

 

© PHOTO. SAVE OUR AGRICULTURE

Des équipes de Save our agriculture devant une unité aquaponique

Avec 58 millions de F CFA (88.549 euros) de chiffre d’affaires en 2018, sa start-up qui emploie une dizaine de jeunes de moins de 30 ans, a fait de l’aquaponie sa principale innovation. L’agri-entrepreneur ne s’est pour autant pas détourné des activités agropastorales dites traditionnelles. Il s’adonne avec son équipe, à la culture des légumes et à la pratique de l’élevage dans plusieurs localités du pays.

«Nous faisons des cultures maraîchères biologiques (tomate, salade, piment, gombo), mais aussi de l’élevage (poulets de chair, poissons silures). D’autres projets sont en cours comme le miel, l’élevage de lapins et de porcs mais nous procédons aux aménagements de façon progressive», détaille-t-il.

 

 

© CC0 / FALCO

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Afin de faire fleurir ses projets, le défenseur du monde agropastoral est allé à la conquête d’hectares cultivables dans les régions du Littoral et l’Ouest du Cameroun. Un parcours du combattant pour celui qui estime que la recherche de terres arables reste le principal obstacle à l’émergence d’agri-entrepreneurs au Cameroun.

 

«Nous avons des exploitations agricoles dans le Littoral (arrondissement de Dibombari) et dans l’Ouest du Cameroun (arrondissement de Demdeng). Je les ai acquises au terme d’un commun accord avec de précédents exploitants qui ont quitté l’activité pour des raisons personnelles. Mais ce n’était pas un chemin facile puisque le foncier fait définitivement partie des éléments qui découragent les entrepreneurs agricoles dans mon pays», déplore le passionné d’agriculture.

Sa passion pour l’agriculture

Avant de se consacrer à l’agriculture, Flavien Kouatcha, ancien élève du collège De La Salle de Douala, a occupé les fonctions d’ingénieur technicien dans une entreprise portuaire. Diplômé en sciences et techniques de l’industrie de l’UCAC-ICAM, une grande école d’ingénieurs et de techniciens établie à Douala, il a «travaillé pendant 3 ans dans la maintenance portuaire entre autres, avant de [se] dédier entièrement à l’agriculture». Sa passion pour la terre va finalement l’emporter et faire opérer à Flavien Kouatcha une sorte de retour aux sources.

«Je suis né dans une famille agricole, j’y ai fait mes premiers pas et j’ai donc très vite été en contact avec le monde agricole et ses réalités. À la base, j’ai toujours voulu apporter ma pierre à l’édifice, à la lutte pour la sécurité alimentaire dans le pays ou au sens plus large sur le continent africain, mais cela a pris quelques temps à me faire réaliser que cette passion était plus forte que tout», confie l’entrepreneur.

 

© AFP 2019 SAKIS MITROLIDIS

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De son expérience portuaire, l’ingénieur a tiré de nombreuses leçons qui l’aident aujourd’hui dans la structuration de son entreprise. «L’environnement portuaire à mon sens n’est pas assez innovant, même si de l’extérieur, on peut en avoir l’impression. C’est un milieu où la force physique tient encore toute sa place, dans un siècle où les systèmes modernes s’adaptent à une demande en perpétuelle croissance et une main d’œuvre de moins en moins sollicitée.» Flavien Kouatcha essaie donc de se servir des outils modernes comme l’aquaponie pour faciliter les opérations et accélérer la transformation «de nos services avec un bon rapport qualité–prix.»

 

Depuis, l’entrepreneur a fait un pas, puis un autre. En quelques années, le chantre de l’or vert est rentré dans le club très fermé des jeunes entrepreneurs les plus convaincants de sa génération. Président national en exercice de la Jeune chambre internationale (JCI), une organisation internationale de citoyens actifs qui impactent positivement leurs communautés, le lauréat du prix Castel 2018 au Cameroun,-un prix qui soutient les projets initiés dans le domaine de l’agriculture- regarde désormais vers l’avenir, la tête pleine de projets à réaliser.

«Nous envisageons d’implanter dans le premier trimestre de 2020, nos premiers modèles d’unités aquaponiques en container 40 pieds dans la ville de Douala. Nous avons obtenu une autorisation de la communauté urbaine, il ne reste plus que la fabrication de l’unité qui a déjà été conçue et validée par les équipes techniques. Ce projet nous ouvrira dans le futur, les portes des grandes métropoles du continent africain», estime-t-il.

Malgré les retards accusés dans la modernisation de l’agriculture au Cameroun, ce secteur reste un pilier de l’économie et emploie plus de 60% de la population active. Grâce à l’aquaponie, Flavien souhaite ainsi contribuer à la relance et à la modernisation du monde agropastoral.

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