Le concombre de mer une aquaculture vertueuse


L'élevage de concombre de mer offre un bel avantage par rapport aux autres aquacultures. Il ne faut pas les nourrir ! Ils le font tout seuls, se nourrissant de déchets et de bactéries. Pas besoin non plus d'antibiotiques ou de produits chimiques pour les aider à se développer. Pour arriver à maturité et atteindre les 400 grammes requis, le fermier a pour tâche de nettoyer les barrières de l'enclos, de chasser les crabes, leurs prédateurs, et de ramasser les concombres à maturité. Et du côté de l'énergie, le modèle d'IOT repose à 80 % sur le solaire. L'an dernier, ce sont de grands séchoirs solaires qui ont été installés.

Grâce à l'holothuriculture, les villageois participants de Zanzibar obtiennent environ 40 dollars par mois, ce qui correspond à une multiplication par deux de leurs revenus. Ce revenu complémentaire est en premier lieu destiné à payer les frais de scolarité des enfants (2,5 dollars par mois pour chaque enfant). Cette activité apporte globalement un développement économique bienvenu dans des villages de pêcheurs isolés. Actuellement, IOT travaille avec une dizaine de villages sur 100 kilomètres de côtes et 250 familles de pêcheurs, impactant ainsi le mode de vie de près d'un millier de personnes. Essentiellement exercé par les femmes, l'élevage des concombres de mer leur donne un statut et un pouvoir économique au sein du foyer et de la communauté.

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Le concombre de mer pour sauver Zanzibar ?

De l'autre côté de l'océan Indien, le long des côtes de l'Afrique, l'holothuriculture pourrait bien aussi être envisagée comme une source alternative de développement, et notamment grâce à la bonne tolérance des concombres de mer face au réchauffement de l'eau. À Zanzibar, archipel au large de la Tanzanie, les ramasseurs d'algues marines ont vu leurs revenus chuter. Ce sont essentiellement des femmes qui pratiquent cette activité. Le changement climatique, qui provoque une hausse des températures des océans, ralentit la croissance des algues, et la récolte destinée à l'exportation devient de plus en plus maigre. À cela s'ajoute la chute des cours mondiaux de ce produit.

Depuis l'introduction en 1989 de la culture de spinosum, une algue rouge aussi bien consommée comme aliment qu'utilisée dans la fabrication de cosmétiques et de médicaments, Zanzibar était devenu le troisième producteur mondial, derrière l'Indonésie et les Philippines. Mais, depuis 2015, la production chute. « Ces cultivateurs travaillent six heures par jour pour gagner seulement 1 000 shillings tanzaniens – soit 0,44 dollar – en échange des deux kilos qu'ils parviennent habituellement à récolter », souligne la FAO, l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture.

Un soutien de la FAO

Depuis l'an dernier, la FAO soutient la mise en place d'une solution alternative, l'élevage des concombres de mer. Ainsi, l'institution a dispensé une formation en holothuriculture avec l'aide de l'écloserie marine de Zanzibar. Pendant trois jours, soixante cultivateurs d'algues marines, pour la plupart des femmes habituées à travailler dans l'océan, ont suivi cette formation avec des sessions pratiques sur l'installation des enclos. L'objectif a été d'avoir une écloserie capable de fournir des millions de semences aux aquaculteurs locaux et régionaux pour encourager le développement de cette activité, détaille la FAO. Il est aussi mené avec Blue Ventures qui travaille déjà avec IOT à Madagascar. « L'élevage d'holothuries est l'un des rares modèles d'aquaculture que je connaisse qui a un impact positif net. La réintroduction de ces animaux dans les zones surexploitées ne fait que des gagnants », explique Timothy Klückow, expert de Blue Ventures .

De son côté, la société IOT compte bien grandir encore et se penche sur l'implantation d'une ferme à Majunga sur la côte ouest malgache. Elle regarde aussi les possibilités sur la côte est de l'Afrique.

 

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