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Samba Diop Entrepreneur & commerçant sénégalais, âgée de 41ans qui évolue dans la ville de Montréal. Installé au Canada depuis le 15 aout 2009, Samba est devenue le propriétaire d’un supermarché Africain nommée laTéranga, qui commence tout d’abord par offrir des produits Agroalimentaires du Sénégal


Senagriculture est allé à la rencontre de Samba Diop Entrepreneur & commerçant sénégalais, âgée de 41ans qui évolue dans la ville de Montréal. Installé au Canada depuis le 15 aout 2009, Samba est devenue le propriétaire d’un supermarché Africain nommée  laTéranga, qui commence tout d’abord par offrir des produits Agroalimentaires du Sénégal.

Aujourd’hui samba a non seulement réussi à satisfaire une demande africaine, mais il fait découvrir de jours en jours aux canadiens les produits du terroir. La Téranga nous a chaleureusement ouvert ses portes par le biais de son propriétaire en nous accordant une interview afin de mieux mesurer l’intérêt que nos produits agricoles locaux peuvent susciter au bout du monde. Bonjour Samba, et merci pour cette interview que vous accordez au groupe Senagriculture.

Nous allons tout d’abord commencer par vous demander quelles sont vos impressions sur le marché des produits agroalimentaires sénégalais à Montréal ?

«  Bonjour à vous et merci d’être venu à notre rencontre…vous savez c’est toujours un plaisir de faire découvrir son pays, ses traditions et sa culture quand on est à l’étranger, et ma façon à moi d’y arriver tout en gagnant ma vie, c’était d’offrir les produits du Sénégal. C’était un peu difficile au début car la seule clientèle qui se présentait, était souvent sénégalaise. À nos débuts la communauté sénégalaise n’avait pas reçu l’information que la Téranga avait vu le jour, c’est par la bouche à oreilles au fil des ans que la clientèle s’est diversifié. De plus avec le système douanier du Canada qui est très strict nous avons rencontré des difficultés pour faire rentrer certains produits, fruits ou ingrédients, mais avec certaines réformes les choses sont devenues plus évidentes.

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Avez -vous  bénéficié à vos  débuts d’un financement pour réaliser votre projet commercial ?

«  Non, j’ai tout réalisé avec mes propres moyens. Je venais d’arriver, et donc je ne pouvais pas encore me permettre d’avoir une marge de crédit. J’ai dû travailler très fort et cumuler trois «jobs » pour vivre et financer petit à petit mon projet. Ce n’était vraiment pas évident mais par la grâce de dieu j’y suis arrivé. Peut-être même que le fait d’y avoir investis mes propres fonds m’a permis de ne jamais lâcher durant les périodes où mon commerce ne florissait pas, il fallait que ça marche…. « Rires ! »

Quels sont les problèmes ou difficultés auxquels vous avez dû faire face jusqu’à maintenant ?

«  Disons qu’en ce moment mon commerce se porte bien par rapport à quatre années en arrière. J’ai eu des problèmes de fournisseur parce que c’était difficile de trouver des partenaires qui pouvaient m’assurer de jamais être en rupture de stock. J’ai eu aussi des problèmes de conservation car au début beaucoup de produits arrivés déjà inconsommables, souvent parcequ’on les avait transportés dans les mauvaises conditions. Entre autres, j’ai eu des problèmes de loyers, d’électricité et de communication car je n’étais pas connu tant que ça par les québécois et par la communauté Africaine. Il m’arrivait de travailler à mes dépends pour payer des dettes ou combler des trous.

Quels moyens utilisez-vous  pour faire parvenir vos produits au Canada ?

« O Je fais rentrer la marchandise soit par bateau, ou soit par avion…par voie maritime je travaille avec la compagnie nommée SDN et je fonctionne par groupage, quand j’importe les produits par avion, j’opère avec la compagnie LUFTHANSA, c’est plus rapide, ça ne prend que 3 jours ».

 Avez-vous des fournisseurs particuliers qui vous aident à satisfaire la demande de vos clients ?

«  Oui, j’en ai trois…Je travaille avec un fournisseur Libanais qui est propriétaire de la compagnie de transformation et de produits agroalimentaires BASMEX.INC ; je suis en partenariat avec la compagnie SHF (Sano Halal Food) installé aux Etats-Unis, mais aussi nous avons un fournisseur Ivoirien qui nous fournit des produits surgelés ».

"LA TERANGA" peut se vanter aujourd’hui d’avoir percé le marché canadien à Montréal ?

 «  Nous avons plus de clients africains et sénégalais particulièrement, mais aussi des québécois et québécoises viennent chaque jour nous voir et vantent les mérites de nos produits, ils découvrent de nouveaux goûts et de nouvelles saveurs exotiques pour la pluspart….et j’aimerais en profiter pour attirer l’attention des industriels qui évoluent dans la transformation agroalimentaire, de reconsidérer la distribution des produits à l’étranger avec des commerçants de mon genre, afin de mieux promouvoir nos produits et les faire connaitre à travers le monde entier. Faut aussi souligner que nous accueillons beaucoup de couples mixtes afro canadiens au supermarché ».

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Quels sont les critiques que vous reçevez le plus souvent des inspecteurs en hygiène alimentaire lors de leur visite ?

«  Ils se plaignent toujours quant aux dates d’expiration qui sont souvent trop proches et surtout quand les produits concernés sont particulièrement dur à conserver. De plus vu qu’il est difficile d’avoir une étiquette sur les composantes chimiques des aliments à base de mil, de mais, de feuille de manioc etc…. Ils ont eu beaucoup de mal a toléré la longévité de ces aliments. Mais par la grâce de dieu je n’ai jamais reçu une plainte concernant un des produits que nous offrons dans nos rayons ».

 Est-ce que la fluctuation des produits agricoles à la hausse au Sénégal influence énormément votre business ?

 «  Oui, et d’ailleurs c’est un problème assez récurrent, et que malheureusement je ne maitrise pas. Quand les produits agricoles connaissent une augmentation de prix au Sénégal, nous sommes obligés de faire pareil à notre niveau et c’est une chose que les clients n’apprécient pas du tout « !

Quels sont les mesures que le gouvernement Sénégalais peut prendre pour améliorer la rentabilité des commerces comme La Téranga ?

«  Déjà il faut Règlementer les produits, détailler clairement les ingrédients ajoutés au niveau des produits transformés, et enfin exiger des dates de péremption sur chaque article. Le gouvernement nous rendrait un gros service en encourageant la création d’entreprises d’exportation de produits agroalimentaires, car avec la SDN c’est vraiment très dispendieux, le tarif est de 500 000 FCFA le mètre cube. Et pour finir être plus exigeant dans le conditionnement des produits.

Un mot pour Senagriculture Mr Diop ?

«  Je vous remercie d’avoir porté un intérêt particulier à notre société, et je vous encourage dans la vulgarisation du secteur primaire au Sénégal. Un pays ne peut pas se développer ou aspirer à l’émergence sans passer par le développement de ce secteur, par conséquent ce que vous faites est très important et je vous souhaite de bien grandir dans l’industrie et d’occuper une place incontournable dans le développement agropastoral sénégalais ».

 

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