Interview avec Mariama SONKO: élever la voix des femmes agricultrices en Afrique de l'Ouest


Mariama Sonko vit à Niaguiss, un village du sud-ouest du Sénégal, en Afrique. En 1990, elle a rejoint le mouvement et depuis lors, elle soutient les connaissances locales et les pratiques agricoles. Elle a cinq enfants et ses propres produits agricoles sont à la base du régime alimentaire de sa famille. Elle est trésorière de son association populaire AJAC Lukaal, coordinatrice nationale au Sénégal et présidente du mouvement international «We Are The Solution». Elle se bat pour les droits humains et socio-économiques des femmes et des jeunes.

De quelle injustice êtes-vous le plus passionné?

L'accent mis sur l'agriculture conventionnelle, une politique agro-industrielle imposée par les multinationales, qui s'appuie sur des théories séduisantes mais qui est en réalité fragile, dangereuse et même destructrice dans ses impacts socio-économiques et environnementaux. Cela fonctionne au détriment de l'agriculture familiale ou de l'agroécologie qui a toujours soutenu la souveraineté alimentaire en Afrique.

Combien d'organisations y a-t-il dans votre réseau?

Notre réseau compte actuellement environ 800 associations de femmes rurales dans sept pays d’Afrique de l’Ouest (Burkina Faso, Gambie, Ghana, Guinée Conakry, Guinée Bissau, Mali et Sénégal).

De quelle réalisation êtes-vous le plus fier?

Le soutien des hommes que nous avons apporté à ce mouvement de femmes rurales car ils comprennent le sens et la portée de notre combat, mais aussi la gestion efficace du WAS «We Are Solutions» par les femmes rurales africaines.

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Quels sont les grands défis de la souveraineté alimentaire en Afrique?

  • Accès aux semences paysannes (collecte, création de banques de semences, multiplication etc.)
  • Accès aux terres cultivables (construction de digues ou de diguettes pour récupérer les terres et protection des terres agricoles).
  • La maîtrise des eaux pluviales (collecte des eaux pluviales par la création ou l'aménagement de bassins de rétention, irrigation etc.).
  • Maintien d'une alimentation saine (sensibilisation aux effets néfastes de l'agriculture chimique).
  • Disponibilité et accessibilité de l'énergie solaire.
  • Gouvernance transparente et inclusive des ressources.

Comment les militants peuvent-ils être plus efficaces dans la lutte contre l'injustice?

Ils doivent être bien informés, conscients des problèmes concernant l'agriculture. Ils doivent également être bien structurés, équipés et représentés dans toutes les réunions locales, nationales et internationales où les questions de l'agriculture ou de l'alimentation sont discutées.

Ils doivent être solidaires et solidaires tout en servant de modèles dans la mise en œuvre de bonnes pratiques en agroécologie dans nos exploitations familiales et au sein de nos organisations.

Quelle chose aimeriez-vous savoir quand vous étiez plus jeune?

Les dangers de la pratique de l'agriculture industrielle ou conventionnelle qui est, selon moi, la principale cause de dégradation des terres arables, disparition de la flore et de la faune, disparition de plusieurs variétés de semences paysannes, perte de valeurs culturelles, sociales et environnementales .

Quels conseils donneriez-vous à un jeune militant?

Ils doivent maîtriser les enjeux et enjeux de l'agriculture et renforcer leurs capacités notamment sur les techniques innovantes en agroécologie.

Ils ne doivent pas adopter le principe «chacun pour soi» mais plutôt développer la solidarité et la complémentarité.

Les doivent consacrer leurs talents au service de tous.

Les jeunes doivent comprendre que notre santé dépend de la nourriture que nous mangeons.

Ils doivent avoir une maîtrise de leur environnement, pour s'y identifier, le protéger et le promouvoir.

Ils doivent avoir un esprit ouvert à la connaissance abstraite, avec l'intelligence de leurs mains et une créativité concrète, qui relie l'enfant à la nature, à laquelle il devra toujours sa survie, et qui l'éveille à la beauté et à sa responsabilité de vivre. Pour tout cela est essentiel à l'élévation de leur conscience.

À quoi ressemblera le succès du mouvement agro écologique

Une Afrique où, par solidarité, les paysans participent à la prise de décision, cultivent, transforment, consomment et vendent les produits de l'agriculture familiale africaine tout en préservant l'environnement pour un développement harmonieux.

 

 

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