Basée à Yffiniac, dans les Côtes d’Armor, Ker Diop est spécialisée dans l’importation et la revente de produits bio et certifiés équitable, en provenance d’Afrique. Une micro-entreprise (deux salariés en France), mais qui au Sénégal, au Burkina-Faso, au Mali et au Togo fait vivre plus de 2 000 femmes.


Une juste rémunération pour mettre fin à l’émigration

À l’origine du projet, Émile Diop est d’origine sénégalaise mais vit à Saint-Brieuc depuis plus de 20 ans. Il a longtemps travaillé chez Savalen, un important groupe agroalimentaire costarmoricain, rebaptisé depuis Euralis, avant de se lancer dans cette nouvelle activité. Quand en 2009, il décide de créer Ker Diop, c’est d’abord pour venir en aide aux femmes de Thiès, son village natal.

« Mon objectif, explique-t-il, ce n’était pas de gagner de l’argent sur leur dos, mais de stopper l’exode rural. Si on permet à ceux qui vivent en Afrique de gagner convenablement leur vie, ils n’auront pas envie de venir chez vous. Ils ont du soleil, ils ont la plage, ils ont tout, mais ils ont faim. »

De l’hibiscus aux noix de cajou

Cette collaboration commencera par l’importation d’hibiscus. Achetées au-dessus de leur prix habituel, les fleurs seront transformées en jus de fruit avec l’aide d’une cidrerie à Saint-Cast. Viendront ensuite les fruits secs (bananes, ananas, mangues) et les noix de cajou. Pour cela, Émile Diop fait appel à d’autres coopératives de femmes au Burkina-Faso, au Mali et au Togo.

La matière première arrive par containers entiers pour être conditionnée à Yffiniac, puis vendue un peu partout en France dans le réseau des magasins bio. Ker Diop réussit même à décrocher un contrat avec la SNCF. Pendant deux ans et demi, ses noix de cajou se retrouveront au menu de tous les bar-TGV.

Aujourd’hui, se réjouit Émile Diop, « Ker Diop permet à plus de 2 000 femmes en Afrique de vivre décemment de leur travail, et à leurs enfants qui devaient les accompagner aux champs, de retourner à l’école.»

 

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