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L’innovation gagne de plus en plus du terrain au Sénégal. La preuve ? Huit jeunes étudiants, parmi lesquels deux filles, entendent révolutionner le secteur de l’élevage à travers leur créativité. Tous formés à l’IPG, ils envisagent de limiter, avec les nouvelles technologies, le vol de bétail, un fléau qui coûterait chaque année à l’Etat environ deux milliards de FCFA.


L’innovation gagne de plus en plus du terrain au Sénégal. La preuve ? Huit jeunes étudiants, parmi lesquels deux filles, entendent révolutionner le secteur de l’élevage à travers leur créativité. Tous formés à l’IPG, ils envisagent de limiter, avec les nouvelles technologies, le vol de bétail, un fléau qui coûterait chaque année à l’Etat environ deux milliards de FCFA. Pour ce faire, ces étudiants ont conçu un système antivol qui consiste à insérer une puce sous cutanée au niveau du cou de l’animal.

Une fois cette protection enfouie sous la peau de la bête, des capteurs recueillent des informations relatives à la localisation, en rapport au rythme cardiaque de l’animal. Ces données recueillies seront ensuite récupérées par un satellite qui, à son tour, les enverra vers une plateforme d’intelligence artificielle, où elles seront traitées avant d’être interprétées.Depuis cet espace électronique, on surveille les déplacements de la vache ou du mouton, ainsi que l’état de sa santé. C’est dire donc que la puce sous cutanée revêt un intérêt sécuritaire et sanitaire. 

En effet, ces jeunes ambitieux travailleront, en amont et en aval avec des vétérinaires. Pour ces agents de la santé animale, il s’agira de procéder à l’insertion de la puce.  Quant aux propriétaires de bétail, ils délimiteront eux-mêmes le périmètre dans lequel leurs animaux ne devraient pas sortir. Cet espace, une fois déterminé, est enregistré et mis au vert dans la plateforme.

Une géolocalisation constante

Ce système fonctionne comme une sorte de triangle. La puce trace l’animal pour ensuite remonter des informations topologiques et sanitaires à la plateforme et à l’éleveur. « Notre idée de départ, c’était de faire un collier pour le mettre au cou de l’animal. Mais on a compris que cela pourrait être visible et tourner à l’avantage du voleur. Il l’enlèverait pour réaliser son forfait. Mais avec la puce, le voleur est piégé. Il ignore que l’animal porte en lui ce talisman qui le trace dans ses déplacements. » 

Dans la plateforme, tout parle.  Les couleurs sont les plus éloquentes. Lorsque l’animal franchit l’espace de sécurité (l’enclos), la couleur rouge s’active automatiquement pour alerter un risque de vol. L’éleveur en est informé par un message écrit ou un appel téléphonique. 

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Il en est de même pour sa santé. « Si le rythme cardiaque est irrégulier, la même couleur s’affiche. Par contre, quand les données sont au vert dans la plateforme, cela signifie qu’aucun danger ne guette la vache », ajoute Gabriel Dioh, étudiant à l’IPG.

Tout a commencé pour eux au mois d’août dernier. C’était lors du concours Gaindé 2000. Pendant cette compétition, des étudiants venaient représenter leurs écoles en défendant des projets entrepreneuriaux. Pour l’édition 2019, il s’agissait d’innover pour le monde rural. L’agriculture ou l’élevage, par exemple. «  Nous nous sommes présentés avec le projet Samm diorgui (protection des animaux de la ferme en wolof). Mais malheureusement, on a été éliminé en demi-finale. Pourtant nous étions convaincus de sortir victorieux de cette compétition. Il y a des projets qui ont été récompensés et qui ne dépassent pas le nôtre en termes d’innovation.  Il y avait un autre prix pour la créativité et le design. On ne nous l’a pas non plus remis. Ce qui nous a surtout surpris », se rappelle avec amertume Gabriel Dioh.

Le financement, handicap au déploiement

Malgré cet échec, ces passionnés de nouvelles technologies, n’ont point désarmé. Ils se sont organisés autour d’une start-up, dénommée Sonulite. « Demain nous serons une entreprise », fulmine Eliass Coly. La vingtaine révolue, il s’invite lui-même dans la conversation. Son regard  vif révèle une grande détermination. La voix tranquille, il va droit au but. Selon lui, le blocage de ce projet est dû au problème de financement. En ce moment, leur seul soutien demeure leur école.

Le même son de cloche persiste chez Amadou Bassirou, détenteur d’une licence en informatique de gestion. « Même pendant le concours, c’est l’IPG qui prenait en charge tout ce dont on avait besoin pour le projet. Alors qu’il n’a pas été conçu pour l’IPG. Mais plutôt pour faire face à cette problématique qu’est le vol de bétail. Donc, c’est pour le Sénégal », précise-t-il.À en croire leurs propos, il ne reste plus qu’à commander des puces. Ils veulent faire cela à partir de la Chine. Car, à leurs yeux, les matériels chinois peuvent s’acquérir à bon marché. Un coût qu’il juge avantageux pour les jeunes entreprenants qu’ils sont. 

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Internet n’est pas souvent affaire d’analphabète. Et quand il s’agit des éleveurs perdus dans les confins de la brousse, ça devient encore plus compliqué. Ils ont pris en compte tous ces facteurs susceptibles de constituer des entraves à leur projet. Aussi ont-t-ils pensé à recruter des jeunes ayant un certain niveau d’instruction. À condition qu’ils soient dans la même localité que l’éleveur abonné à la plateforme. Sa mission sera de lui expliquer les informations contenues dans la plateforme au sujet de sa vache ou de sa chèvre.

Pour ces jeunes, cette invention n’attend plus que le soutien financier des autorités et des investisseurs. 

 

 

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