Les jeunes qui souhaitent démarrer une ferme, surtout en cette époque où les fermes sont énormes, ont de nombreuses questions sur la façon de se lancer en agriculture. Toutefois, une des premières questions est aussi l'une des plus décisives : par où dois‑je commencer? L'enjeu est encore plus grand si le jeune producteur en herbe ne vient pas d'une famille d'agriculteurs et est confronté au défi de trouver sa première parcelle de terre à exploiter.

Samba Diouf s'est trouvé devant ce genre de dilemme à ses débuts, il y a huit ans. Il a grandi près du village de Ngoundiane, entouré de terres agricoles et animé du désir d'œuvrer dans un domaine lié à l'agriculture. Dans cet esprit, il s'est inscrit à L’école Horticole de Mbao pour décrocher un diplome en agriculture. Toutefois, il n'envisageait pas vraiment de devenir agriculteur à cette époque.

Comment tout a-t-il commencé?

Une occasion s'est présentée à Scott lorsqu'une parcelle d’un hectare a été mise en vente non loin de son village natal. Il savait que cette parcelle à elle seule n'assurerait pas sa subsistance. Ce n'était pas non plus nécessaire parce qu'au moment de l'achat, il travaillait dans une ferme comme coordonnateur du programme de production de semences. C'était un emploi intéressant qui offrait toutefois peu de possibilités d'avenir étant donné qu'il s'agissait d'un contrat de trois ans. Néanmoins, le salaire qu'il gagnait lui permettait de joindre les deux bouts.

Par ailleurs, la taille de la parcelle importait peu; ce qui comptait vraiment, c'était sa productivité et le fait qu'elle lui offrait la chance de faire ses premières armes, d'être propriétaire d'une terre située en face de celle où, ironiquement, son grand‑père avait pratiqué l'agriculture 30 ans auparavant.

À l'âge de 25 ans, il aurait donc la chance de parfaire ses compétences, d'en apprendre au sujet des marchés et de la gestion.

 

Par où commencer? Dans le cas de Samba, il s'agissait de débuter de façon modeste et avec l'aide d'amis.

 

C'est ainsi que tout a commencé. Il a utilisé ses ressources financières pour prendre possession de la terre et a entrepris de l'exploiter. Un voisin bienveillant à qui il prêtait main‑forte depuis l'adolescence a offert de lui prêter de l'équipement en guise de remerciement.

Telle a été la réponse de Samba à la question de savoir par où commencer; dans son cas, il s'agissait de débuter de façon modeste et avec l'aide d'amis.

 

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Comment continue-t-on d'avancer? Une fois le premier pas franchi, comment continue‑t‑on d'avancer? Comment fait‑on pour prendre de l'expansion? Pour faire grandir la ferme? Pour se distinguer et sortir du lot?

 

Pour Samba, la réponse se trouvait dans la diversification. « Je voulais faire les choses différemment des autres agriculteurs des alentours », dit‑il.

Il a donc commencé à scruter les marchés, les créneaux, les tendances, et il est passé aux étapes suivantes. Tout d'abord, il a décidé de se tourner vers l'agriculture biologique, mode de production qu'il avait appris à connaître durant ses études et stages. «je désirais travailler en harmonie avec la nature, et non en opposition avec elle, confie‑t‑il. De plus, le fait d'utiliser moins d'intrants réduisait le risque et les dépenses liés aux récoltes, que je doive les entreposer ou pas. »

Par exemple, il a consacré environ un dixième de son hectare de terre aux épices biologique, et le reste à l’arboriculture. Si ses voisins ont trouvé ce choix étrange, ce pari s'est avéré gagnant parce qu'une entreprise de fabrication d'aliments pour bébés de s'est engagée à acheter sa récolte tout entière bien avant qu’il n'ensemence.

Ensuite, il a loué 1 hectares supplémentaires qui faisaient partie de la même section que sa terre initiale. Il s'agissait d'un champ d’arachide, qu'il a entièrement converti à la culture de fourrage qu’il produisait et revendait aux éleveurs de races bovines aux alentours de Mbour.

 

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« Je savais que si j'exploitais un hectare par année de façon traditionnelle, je n'y arriverais pas, dit‑il. Faire les choses différemment demande plus de travail et de temps, mais cela peut être très lucratif. » Samba ne réalisera peut‑être pas le plein potentiel de sa terre cette année, mais il y parviendra en 2012.

Agriculteur à temps plein grâce à la diversification

C'est en 2015 que Samba a franchi le plus grand pas dans son parcours vers l'agriculture à temps plein. Cette année‑là, ses déplacements avec un organisme qui prône la culture Bio pour lequel il travaille l'ont conduit à une superbe expérience professionnelle, à une trentaine de kilomètres de Mbour. Le propriétaire foncier avec lequel Samba travaillait soupçonnait que ce dernier était à la recherche de plus de terrain et lui a offert sa demi‑section en location avec option d'achat.

À l'heure actuelle, il cultive du concombre sur le quart situé au nord, et un mélange de cultures de poivrons et piments sur le quart situé au sud de cette demi‑section. À mesure qu'il diversifie sa production, il convertit aussi cette terre à l'agriculture biologique, et il envisage, à plus long terme, d'y essayer la production de variétés de laitue à petite échelle qu’il pourrait potentiellement revendre aux hôtels et restaurants de Saly.

Samba, qui est maintenant âgé de 33 ans, perçoit un immense désir chez certains jeunes d'acquérir une ferme. Mais ils doivent d'abord surmonter certains obstacles.

« Les jeunes sont sidérés d'apprendre que n'importe qui peut démarrer une exploitation sans nécessairement avoir grandi dans une ferme, et à partir d'une petite parcelle de terre, dit‑il. Cependant, beaucoup de producteurs établis possèdent une parcelle comme ce petit champ de fourrage que j'ai loué. Ces petits lopins de terre offrent une bonne occasion pour un jeune qui est axé sur la conservation de mettre en pratique ses idées sans prendre un risque démesuré. »  

 

 

Momar Ndiaye

 

 

 

 

Commentaires : 1

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    Sélémane

    Salam, Je suis tŕes passionner par L'Agriculture et lélevage. Je voudrai sy lancer mais jai aucune experience. Merci pour conseils et orientations

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