De l’agriculture dans les maisons.


 Le marché se trouve envahi par des légumes de toutes sortes. La provenance de certaines cultures maraîchères laisse des impressions suspicieuses.

L’alimentation saine, avec la prolifération des produits chimiques, ne révélerait-t-elle pas du champ des impossibles ? En répondant à cette question, Djibril Biriane, la vingtaine révolue, refuse le pessimisme.  Après quelques hésitations dans la voix, il tranche.  «  Ce n’est pas une mission impossible. L’agriculture-bio n’est pas une chose facile au Sénégal », reconnaît-t-il. « On ne peut pas distinguer les semences naturelles de celles qui sont génétiquement modifiées. Seuls les appareils peuvent le faire », a-t-il précisé.

Les coques d’arachide mélangé avec du fumier : voilà la stratégie utilisée et préconisée par le jeune pour atteindre la difficile mission qu’est l’agriculture-bio. Gesticulant, il arguera que cette méthode est sans conteste un bouclier  qui protège contre le vent d’OGM qui souffle. Au grand dam de la santé humaine.

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Après avoir obtenu son bac, ce reconverti dans le domaine de l’agriculture, s’était inscrit dans une école d’architecture. Mais, il s’était trompé de destination. Car, il n’y fera qu’un séjour éclair. « Je n’y étais pas du tout à l’aise. Je suis parti après deux années », renseigne-t-il.  A en croire ses propos, depuis fort longtemps, il rêvait de devenir entrepreneur.  Rêve qu’il tient à réaliser en suivant une formation en entrepreneuriat.

« L’entrepreneuriat, c’est 1% d’inspiration et 99% d’expiration », affirme-t-il, l’air convaincu. Cette citation, qu’il se plaît à mettre souvent sur son statut WhatsApp, viserait, selon lui, à tirer les jeunes de leur torpeur. « Je suis convaincu que l’entrepreneuriat peut sortir les jeunes du chômage. Il faut surtout de la détermination », conseille-t-il.

La formation à la pratique potagère

Depuis 2018, lui et trois autres de ses collègues ont mis sur pied une entreprise d’aide et de conseils pour l’installation de micro-jardins dans les maisons. « Sama potager (NDLR : c’est le nom de l’entreprise) vise à former les personnes désireuses de pratiquer l’agriculture à proximité. La formation peut coûter 60 mille francs par mois et est parfois personnalisée, nous formons aussi des associations », explique-t-il.Ces associations sont des groupements de femmes qui, une fois formés, pourront commencer leurs activités et commercialiser les légumes qu’elles auront cultivés.

Sourire aux lèvres, Djibril se réjouit des travaux effectués au cours de l’année qui s’achève.  Car, entre février décembre 2019, le groupe a pu former 50 personnes dans le métier de potager.

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Par ailleurs, ils interviennent aussi dans quelques écoles de la capitale sénégalaise. « Nous aménageons des espaces pédagogiques dans certains établissements afin de permettre aux élèves de découvrir les plantes dont on leur parle durant les cours de sciences naturelles. Nous formons aussi les enfants âgés d’au moins quatre ans pour qu’ils soient familiarisés avec les plantes », ajoute-t-il.

Soukeina Dia est venue suivre ce matin les conseils du verger. Toute  souriante, cette femme mince et élancée se dit ravie d’avoir assisté à l’émergence des tomates et des persils qu’elle a plantés durant sa formation qui a duré au moins deux mois. Même si elle garde un mauvais souvenir de quelques méchants oiseaux qui venaient les picorer parfois. Elle se sent maintenant prête à évoluer toute seule loin de son formateur. «  J’ai appris beaucoup de choses ici. Je suis  presqu’une experte hein ! », souffle la potagère en devenir. Elle espère bientôt cultiver son propre espace de légumes pour la cuisine familiale. Ce qui en restera sera destiné à la commercialisation.  

Autre mission de cette entreprise : la protection de l’environnement. Celle-ci passe par le recyclage des bouteilles et des sachets. Ces déchets plastiques seront utilisés pour la culture potagère.

Dans l’avenir, Djibril et compagnie envisagent de nouer des relations avec certains hôpitaux. « On fera des potagers dans les centres de santé. Ce seront des espaces où on cultivera des plantes médicinales », a-t-il annoncé.   

 

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