Cultiver et transformer l’aloe vera, Fatou Sarr veut conquérir le marché international

Informaticienne de fonction et reconvertie en cosmétologue-cultivatrice, Fatou Sarr fait aujourd’hui partie des jeunes femmes leader de l’agronomie sénégalaise. Business woman, elle est aussi dans le maraîchage mais aussi dans la culture de l’Aloe vera. gée de 29 ans, elle est directrice générale et cofondatrice d’une entreprise dénommée Takhar Aloe. Dans un entretien accordé à Senagriculture, Fatou Sarr dit tout sur son activité qui est devenue une passion chez elle.





Pourquoi le choix spécifique de l’aloe vera ? C’est quoi la motivation ?

La motivation s’appelle l’Aloe Vera. Le procédé est vraiment simple car je menais la recherche sur une plante spécifique avec le mélange de produits tels que la moringa, des feuilles de banane, des feuilles d’olive, du karité et de l’huile dans le but de connaître la plante. Par la suite, je suis tombé dessus par le biais d’un ami. Trouver l’aloe vera dans ce pays au début était néanmoins difficile mais l’idée était de la cultiver pour combler un certain retard.

Vouloir se lancer dans la culture de l’Aloe Vera n’était- t-il pas difficile ? Comment était vos débuts ?

Pour faire la culture de l’aloe vera qui regroupe pleine de ressources car c’est une plante qui peut résoudre beaucoup de problèmes liés à la santé de façon interne ou externe, je n’avais pas les moyens d’y travailler en solo du coup j’ai commencé par les petites cultures avec le maraîchage. L’objectif dans ce contexte consistait à gagner de l’argent pour pouvoir lancer définitivement la culture de l’aloe vera dont la structure se nomme Takhar Aloe. Une fois démarrée, l’habitude y était et je pouvais combiner d’avec les autres cultures.

Décrivez-nous Takhar Aloe ? 

Elle est une structure de production et de transformation d’aloe vera en produits cosmétiques naturels et en complément alimentaire. Nous faisons des crèmes, des savons, du gel pur mais aussi et surtout des huiles destinées à soigner les gens qui ont des problèmes cutanés ou tout simplement ceux ou celles qui veulent rendre leur peau saine. Ça va leur éviter d’utiliser les produits chimiques qui agressent leur peau. Nous faisons également  des jus d’aloe vera qui est un complément alimentaire qui facilite la digestion.

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Comment se passe le processus d’extraction de l’aloe vera ?

Après la récolte, nous travaillons sur comment faire la transformation. Les feuilles récoltées sont mises dans des bassines de 200 litres pour le lavage. Ensuite, nous faisons la même chose dans d’autres bassines javellisées pour les besoins de la désinfection avant de les mettre dans de l’eau pure et neutre. On enlève l’aloïne (c’est un composé amer de couleur jaune-marron qui est dans la feuille d’aloe vera entre la pulpe et la peau) de la pulpe dans un cadre hygiénique.

Pour finir, nous passons la pulpe au mixeur sans aloïne. Le gel obtenu sera conservé dans des réfrigérateurs à une température de 7 à 8 degrés.

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Comment se porte le marché de l’aloe vera au niveau local ? Y a-t-il de la concurrence ? Et quels sont les objectifs ?

Actuellement, nous pouvons dire que c’est bon parce que c’est à la mode et nombreux ont réussi à le connaître et à s’adapter à l’utilisation, mais pour convaincre au début c’était un énorme problème avec trop d’interrogations liées à la qualité du produit cultivé et transformé dans ce pays. Quand il était lancé, c’était exclusivement pour la consommation purement sénégalaise mais, les étrangers étaient beaucoup plus intéressés pour dire tout simplement que la clientèle venait de l’extérieur. Pour la concurrence nous pouvons dire qu’il n’y en a pas vraiment pour le moment. 

Nous envisageons d’ouvrir des séances de formation pour ceux qui voudraient travailler dans ce secteur mais aussi de pouvoir conquérir le marché extérieur. Aussi, avoir notre propre unité de transformation fait partie de nos préoccupations.

Par ailleurs, j’aimerais souligner un problème qui me tient à cœur. Il s’agit de l’imposition de la certification bio pour pouvoir commercialiser le produit sur le marché local. Et ceci doit vraiment cesser !

Comment se passe l’écoulement des produits  ?

Nous avons mis en place des points de vente, livraison à domicile, vente en ligne. Nous comptons aussi participer à des marchés d’expositions bios comme le Dakar farmers market et surtout nous approcher des privés comme les hôtels, les boutiques cosmétiques etc. Ainsi les prix sont abordables et accessibles à tous.

 

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