Aviculture Mali: le projet Formation professionnelle, Insertion et Appui à l’entrepreneuriat des jeunes ruraux (FIER) aide des jeunes à créer des entreprises


En Afrique, plusieurs programmes sont dédiés aux femmes, aux jeunes  et surtout les  ruraux pour les mettre sur la voie de l’entrepreneuriat dans l’élevage ou la transformation alimentaire.

Nouhoum Sidibé jeune malien  en est la preuve. A 33 ans, cet aviculteur est à la tête d’un élevage de plus de 3 500 poules à Kolondiéba, à 250 km au sud de Baguinéda. Lui aussi a bénéficié d’une formation accélérée, dispensée par un centre d’apprentissage similaire à celui de M. Dembélé. Comme le CFEAB, le centre de formation de Kolondiéba est partenaire d’un programme à l’objectif ambitieux : former 100 000 jeunes ruraux maliens et les aider à créer 15 000 petites entreprises ou activités génératrices de revenus d’ici à 2023.

S +, l’entreprise de M. Sidibé, fait partie des 3 571 activités économiques qui ont émergé grâce au projet Formation professionnelle, Insertion et Appui à l’entrepreneuriat des jeunes ruraux (FIER). Financé par le Fonds international de développement agricole (FIDA) à hauteur de 29,6 millions d’euros et par le gouvernement malien, les banques rurales et les bénéficiaires (9 millions d’euros), FIER a permis à M. Sidibé de réaliser ce qu’il pensait encore impossible lorsqu’il est devenu aviculteur, il y a six ans : quadrupler son chiffre d’affaires et devenir le patron du plus gros poulailler de la région. « J’ai commencé en 2013 avec trois poules, un coq et 10 000 francs CFA en poche. Nous étions deux à travailler. Aujourd’hui, nous sommes cinq salariés permanents et six temporaires », sourit fièrement M. Sidibé.

Assis dans un coin du poulailler, Bakary Koné, 39 ans, brûle les becs des poules pour ne pas qu’elles se blessent entre elles ; déjà 500 depuis sa prise de poste, il y a trois heures. Mais il semble motivé : « On va tout faire aujourd’hui, les 3 560 », explique-t-il en haussant la voix pour se faire entendre parmi le brouhaha incessant des volailles, peu enthousiastes à l’idée de passer entre ses mains. « Depuis que l’effectif des poules a augmenté, ma vie s’est nettement améliorée. Avant, je gagnais 30 000 francs CFA par mois. Aujourd’hui c’est 50 000 francs CFA. Je suis en train de construire une maison, avec de l’électricité », souligne-t-il.

Les 4,9 millions de francs CFA (près de 7 500 euros) octroyés à S + par le projet FIER ont permis au patron d’acheter des milliers de poules, de recruter et d’augmenter les salaires. En décembre, il devra commencer à rembourser, comme le projet l’exige, 30 % de la somme allouée. Mais l’entrepreneur n’a pas l’air inquiet, et pour cause : il estime son chiffre d’affaires prévisionnel à 5,5 millions de francs CFA par mois. « Je pense que je peux prospérer mais aussi créer de l’emploi dans ma région, devenir un exemple et inciter d’autres jeunes à s’investir dans cette activité », explique M. Sidibé. Cette année, il est devenu formateur auprès de quatre jeunes de sa commune. Un modèle de réussite pour la jeunesse de la région, plus attirée par les routes migratoires vers l’Europe et les profits alléchants des mines d’orpaillage que par l’agriculture.

« Aujourd’hui, dans les villages maliens, on ne voit que les vieux travailler la terre. La plupart des jeunes sont partis sur les sites miniers ou à l’extérieur. Avec FIER, nous voulons leur montrer qu’ils peuvent réussir dans le secteur agricole », explique Makolo Coulibaly, partie prenante du projet. M. Sidibé, lui, a déjà un nouvel objectif : créer une coopérative avec les jeunes aviculteurs qu’il a formés pour mutualiser leurs moyens d’élevage afin de prospérer et recruter davantage. Et ainsi développer l’économie de leur village de manière durable.

 

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