Agriculture: la RDC pourrait nourrir le quart de l’humanité


Nourrir plus du quart de l’humanité ! Telle est la performance impressionnante que pourrait réaliser, à elle seule, la RD Congo si son secteur agricole trouvait enfin la voix du développement et de l’industrialisation. En effet, l’agriculture du plus vaste pays d’Afrique subsaharienne présente des atouts indéniables que bon nombre d’investisseurs, nationaux et étrangers, feraient bien de prendre rapidement en considération dans leur prise de décision.

L’abondance de terres arables

Avec plus de 80 millions d’hectares, dont moins de 10 % seulement sont exploitées, le Congo-Kinshasa possède l’espace cultivable disponible le plus étendu de la planète, derrière le Brésil. De ce fait, il pourrait aisément, par exemple, concurrencer la Côte d’Ivoire dans la culture du cacao et ses 2 millions de tonnes produites annuellement.

La diversité de climats

Située de part et d’autre de l’équateur et disposant d’une superficie équivalente à plus de 80 fois la Belgique, la RDC bénéficie d’une pluralité de climats incontestable, ce qui constitue un solide avantage pour assurer, tout au long de l’année, une production de denrées alimentaires diverses et variées. En conséquence, les cultures vivrières et commerciales de manioc, haricot, arachides, banane Plantin, riz, farine de maïs, café ou cacao pourraient s’y côtoyer et y prospérer.

L’immensité des ressources hydriques

Grâce aux 4 700 kms de long du fleuve Congo et à ses nombreuses rivières traversant son territoire (plus de 30 pour les plus importantes), le Congo-Kinshasa représente 52 % des réserves d’eau de surface du continent africain. Par ailleurs, ses pluviosités régulières et abondantes créent les conditions idoines pour l’émergence d’une agriculture forte.

La richesse du capital humain

3ème nation la plus peuplée d’Afrique noire, la RD Congo enregistre l’un des taux de croissance démographique le plus élevé de la sous-région (plus de 3 % l’an). La jeunesse et le dynamisme de sa population (7 congolais sur 10 ont moins de 25 ans) ainsi que sa ruralité (le taux d’urbanisation n’y dépasse pas 45 %) doivent être perçus comme des opportunités uniques, permettant d’accompagner un développement agricole structuré.En dépit de ce gigantesque potentiel, certains investisseurs étrangers continuent à redouter le fameux « article 16 » de la nouvelle loi agricole du 24 Décembre 2011, qui impose aux entreprises de ce secteur d’être détenues majoritairement par des nationaux.

Est-ce un retour à la « zaïrianisation » des années 70 ? Non et très loin de là ! De manière pragmatique, mettant en avant sa contradiction apparente avec le droit OHADA et surtout son caractère répulsif, beaucoup plaident pour son abrogation pure et simple, dans les prochains mois, par le parlement. Dans une logique d’amélioration du climat des affaires et consciente de la nécessité d’encourager les « IDE », la gouvernance locale pourrait accueillir favorablement ce projet d’amendement.

Par ailleurs, anticipant une valorisation du marché de l’agrobusiness de 1 000 milliards de dollars d’ici 2030, la RD Congo et la BAD se sont engagées, très récemment, en la création de « Zones Agricoles Spéciales », susceptibles de voir le jour, notamment, dans les provinces du Kivu, du Kasaï ou de l’Equateur.

 

 

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