Agriculture «Intelligente» : Le premier traitement des céréales par drone au Maroc lancé à Sidi Kacem


Le drone permet de pulvériser différents types de produits quelle que soit la superficie ciblée, et ce de façon très précise et plus rapide que la manière traditionnelle sans piétinement des cultures.

L’utilisation de la technologie dans le secteur agricole gagne du terrain. Dernière tendance en date, l’usage des drones pour la lutte chimique contre les mauvaises herbes parasites dans les exploitations agricoles. Sur le plan technique, le drone permet de pulvériser différents types de produits quelle que soit la superficie ciblée, et ce de façon très précise et plus rapide que la manière traditionnelle sans piétinement des cultures. Équipés d’un réservoir et de buses de pulvérisation, ces engins à hélices fonctionnent sur un parcours programmé ou bien  sont soumis à un vol manuel guidé par un télé-pilote au sol.

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Ils survolent les surfaces agricoles à une hauteur déterminée. Parmi les précurseurs au Maroc, le Domaine agricole Abdesslam Benzeroual qui se situe dans la commune de Bir Taleb à Sidi Kacem qui vient d’en faire le lancement en présence des autorités locales. Ce Domaine qui s’étend à perte de vue est entièrement réservé aux céréales. «C’est la première fois que le traitement des céréales se fera par drone.  Nous souhaitons être une locomotive et une inspiration pour les autres agriculteurs», explique Abdesslam Benzeroual, agriculteur et propriétaire de ce domaine, ajoutant que la lutte chimique contre les mauvaises herbes par drone lui paraît la meilleure solution au vu des multiples avantages qu’elle présente aussi bien sur le plan économique que pratique.

  • Capacité : 50 hectares traités par jour par drone 

Un drone peut effectuer un traitement de 50 hectares par jour pour le coût de 120 DH à l’hectare en location. A l’acquisition, celui-ci coûte entre 60.000 et 120.000 DH. Afin d’utiliser cette technologie de précision au Maroc, l’autorisation des autorités compétentes est nécessaire (dont le ministère de l’intérieur). «Les drones à usage civil sont en pleine expansion un peu partout dans le monde. Pour l’agriculture, cette technologie nous est utile parce qu’elle a un degré de précision très élevé et permet un traitement homogène sur l’ensemble de la surface. Au départ, on a vu une démonstration sur une exploitation d’agrumes dans la région d’Agadir.

On s’est dit que puisque ce traitement est efficace sur l’arboriculture, il le sera également pour les céréales. A partir de là, nous avons contacté un jeune prestataire qui a rendu cette expérience possible sur notre culture. Pour les céréales, deux traitements sont effectués par an. Le premier concerne les herbicides (à partir du 15 décembre jusqu’au 15 janvier) et le deuxième est relatif aux fongicides (à partir du 15 février au 15 mars)», indique le jeune agriculteur.

Au niveau de ses potentialités, le drone est un allié pour l’agriculteur. «Après la pluie, la boue peut survenir sur certaines parties de l’exploitation. La terre est également parfois accidentée, ce qui rend son accès difficile. D’autant plus que le passage des tracteurs tasse le sol, ce qui n’est pas très bon pour le terrain agricole. Ces problèmes ne se posent pas pour les drones qui survolent toute la surface sans le moindre dégât. Vous pouvez imaginer le gain de temps que tout cela représente pour les agriculteurs». A ces avantages s’ajoute l’aspect environnemental de l’utilisation des drones. «Ils sont écologiques dans la mesure où l’énergie utilisée pour leur fonctionnement n’est pas polluante», confie le propriétaire de ce domaine précisant que le traitement par drone a pour vertu de ne pas avoir de répercussions sur les eaux souterraines.

Du point de vue de la main-d’œuvre agricole, celle-ci ne se retrouve plus en contact avec les produits utilisés pour le traitement chimique des cultures.

  • La technologie : Vivier d’emplois dans le monde rural

Agriculteur de père en fils, Abdesslam Benzeroual est convaincu du potentiel grandissant des céréales dans la province. Pour lui, l’agriculture intelligente constitue une manne d’emplois et de richesses. «Nous espérons que cette région soit une référence en la matière. D’ailleurs un projet de centre de formation y est envisageable pour que les jeunes puissent apprendre à utiliser cette technologie et en faire un métier porteur.

C’est une zone qui a du potentiel et la formation à l’usage des drones pourrait ouvrir de nouvelles perspectives pour la jeunesse», confie l’agriculteur.   

 

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