Aboutir à une agriculture durable en limitant la dégradation des sols ; un défi de taille à relever au Sénégal


L’agriculture est une activité nécessaire aux hommes pour vivre ; cependant elle implique impérativement l’exploitation des sols. Or, le sol est un milieu très complexe dont l’équilibre est très fragile. Cette complexité implique que l’agriculteur doit avoir une bonne connaissance de son sol pour produire de manière durable. Malheureusement, au Sénégal, l’activité agricole induit à une grande dégradation des sols malgré les nombreux efforts pour la promotion d’une agriculture durable, alors que si le mode d’exploitation des agriculteurs est néfaste au sol il sera extrêmement difficile de tendre à une agriculture durable car cela conduit à une baisse des rendements agricoles. Le Sénégal connait un inquiétant problème de dégradation des terres. Environ 13% de celles-ci -sur lesquelles vivent 22 % des 14 millions de Sénégalais sont dégradées. Le coût annuel de ces dégradations s’élève à environ 944 millions de dollars américain (environ 550 milliards de FCFA), soit 8 %. Les effets néfastes de l’agriculture industrielle ont pour origine l’usage des intrants chimiques et certaines techniques peu vertueuses qui visent à court terme la maximisation de la productivité (arrosage et drainage) sans forcément s’inscrire dans la durée. De telles pratiques provoquent la dégradation des sols et de l’environnement. Au Sénégal, il est établi que la production intensive de l’arachide est un facteur majeur de la dégradation des sols au Sénégal. La dégradation des sols est aussi le fait de la salinisation qui affecte plus de 1,700 millions d’hectares de terreau au Sénégal, ce qui affecte considérablement les potentialités de production agricole. Il est donc primordial de savoir comment utiliser le sol sans le dégrader et quelles techniques les agriculteurs doivent améliorer et prioriser. Pour cela, il faut de prime abord actualiser et approfondir les connaissances sur les sols et faire la situation de la dégradation des terres (processus, ampleurs, stratégie à mettre en œuvre…). Ainsi, mettre en œuvre des programmes de sensibilisation et d’information sur les dangers d’une exploitation irrationnelle des ressources en sols et renforcer les capacités de l’ensemble des acteurs dans les différentes techniques de lutte contre la dégradation des terres et d’adaptation aux changements climatiques. Mais aussi il serait bénéfique de privilégier l’agro-écologie qui peut constituer une méthode pour favoriser l’agriculture durable sans dégrader les sols. En effet, l'agro-écologie cherche à se passer des intrants chimiques et à limiter au maximum le travail du sol. Dans les différentes zones écologiques, (tempérées, tropicales, humides et sèches), l'agro-écologie a gardé en commun l'intégration de l'agriculture, de l'élevage, de la foresterie et de la pêche dans certains cas, ainsi que la récupération et la conservation du couvert végétal comme partie intégrante de sa stratégie productive, ainsi qu'une forte diversité de produits destinés à la consommation directe et aux marchés, selon les cas. Ainsi, l'agro-écologie non seulement conserve les sols, l'eau et les ressources génétiques, mais cherche à les améliorer constamment.

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