Maradi, chef-lieu de région situé dans le sud du Niger, est la deuxième plus grande ville du pays. Devenue célèbre aujourd’hui grâce à son économie basée sur l’agriculture et l’élevage mais aussi et surtout grâce à la chèvre rousse qui y vit et porte désormais son nom, la ville est dominée par l’ethnie haoussa, en mélange avec des individus touaregs et peuls dont l’activité principale est l’élevage. Surnommée la « vache laitière pauvre », la chèvre rousse de Maradi reste le pilier du développement des ménages ruraux grâce à sa grande  capacité de production de lait et à la qualité de sa peau.

                                                            

La chèvre rousse de Maradi se distingue au premier regard par sa forme et sa finesse, son équilibre et sa couleur. Mesurant 0,62 à 0,67 mètres, la chèvre pèse, à l’âge adulte, 30 à 35 kg. Ayant des cornes moyennement développées avec des oreilles tenues horizontalement et parfois pendantes, l’animal est d’une grande rusticité. Très féconde avec des portées de trois à quatre chevreaux dans certains cas, elle est également précoce car sa première mise-bas intervient entre six et sept mois. En outre, c’est une bonne laitière qui peut produire jusqu’à 0,6 litres par jour pendant deux périodes de trois à quatre mois, en raison de sa mise bas qui intervient deux fois par an. Riche en vitamine A, son lait est parfaitement consommable par les jeunes enfants. Mais ce qui fait par-dessus tout la réputation de la chèvre rousse sur le plan international reste sa peau, fine, souple et d’une solidité remarquable. L’on peut même affirmer que c’est certainement grâce à sa peau qu’elle est de plus en plus exportée à l’échelle internationale, loin de ses terres d’origine, car celle-ci reste très prisée pour la maroquinerie de luxe. Même si la « chèvre rousse » est l’appellation la plus commune qu’on lui connait, la chèvre de Maradi se présente sous trois robes : la rousse, la noire et la brune. C’est un animal dont les mensurations corporelles varient en fonction du milieu.

Au Niger, les autorités ont très vite perçu l’enjeu de la conservation, l’amélioration et la diffusion de cette espèce. C’est pourquoi dès 1963, fut mis en place le Centre Secondaire d’Elevage de Caprins sur 1850 hectares à Maradi (630 kms à l’est de Niamey). Cet établissement public a pour objectifs la sélection et la diffusion de la chèvre rousse à partir de son berceau authentique qu’est la région du Katsina-Maradi et la vulgarisation auprès des éleveurs des techniques d’élevage adaptées. Au Sénégal, la réputation de la chèvre de Maradi gagne de plus en plus du terrain. Dans le cadre des transferts de technologies sous régionales, le ministère de l’élevage et des productions animales, en partenariat avec le Niger, exporte en masse des couples de chèvres de Maradi pour mieux contribuer à la diversité des races dans l’élevage de caprins au Sénégal. En 2016, 350 couples de Maradi ont été importés du Niger et ce n’est que le début d’une coopération longue et durable entre le Sénégal et le Niger.

La chèvre de Maradi, fascinante autant par son apparence que par ses nombreuses qualités, restera sans doute pendant encore très longtemps, le caprin préféré des éleveurs du monde rural, car cette « vache laitière pauvre » est très certainement productrice de richesse.

  Papa Moussa SY

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