Interview avec Mr Abdoulaye Ba, fondateur de Diobass agroalimentaire

Abdoulaye Ba, est le fondateur de Diobass Alimentaire est un ingénieur en agrobusiness sorti de l'université Gaston Berger de st louis, consultant en entrepreneuriat agricole et spécialiste en agroalimentaire. Senagriculture est parti à sa rencontre pour découvrir une pépite de l’agroalimentaire au Sénégal qu’il dirige, et qui s’affirme de plus en plus dans le paysage de l’agrobusiness. Diobass Alimentaire est plus qu’une unité de transformation ou un pôle de formation, mais elle est aujourd’hui l’image d’une jeunesse qui prend ses responsabilités pour saisir des opportunités dans un secteur qui regorge de richesse et de valeurs ajoutées.


 

 

1.    Parlez-nous des activités de Diobass Agroalimentaire ?

Diobass Agroalimentaire est une entreprise agricole qui évolue dans la production, la formation et les conseils. Nos activités principales sont la production de jus de fruits naturels que nous distribuons au niveau des supermarchés, et autres chaines de distribution. Nous offrons aussi des services de formation et des conseils dans le domaine de la transformation agroalimentaire. Nos formations sont dans le cadre de la transformation des produits du terroir, la transformation des céréales, la transformation des de fruits et de legumes. Nous faisons aussi des distributions de fruits et légumes grâce à notre concept ‘'DOUG'' à domicile c'est-à-dire que nous distribuons des paniers de légumes et des fruits frais au niveau des ménages, nous offrons la possibilité à tout le monde de faire ses courses sans avoir à se déplacer.

 

2.    Pourquoi avez-vous choisi le secteur de l'agroalimentaire ?

J’ai fait pratiquement tout mon parcours d’études dans le domaine de l’agronomie, et de la transformation. Après obtention de mon bac technique dans le domaine de la transformation, j’ai poursuivi dans la filière en faisant cinq ans (science des produits alimentaires) à l'université au programme de license en transformation et agronomie option transformation alimentaires, ensuite j’ai décroché un master en Agrobusiness. Avec un cheminement pareil je n’ai pas eu de difficultés à développer une passion pour l’entrepreneuriat dans l’agroalimentaire.  Le secteur primaire est porteur, et c’était important pour nous de trouver une solution pour réduire les pertes post récoltes de nos agriculteurs. Au Sénégal les producteurs réalisent des pertes souvent car ils n’ont pas les moyens de conserver et transformer leurs productions, et c’est dans le souci de limiter les dégâts en créant une opportunité pour une diversification de la chaine de valeur au niveau de la production locale que Diobass Agroalimentaire est née.

 

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3.Comment jugez-vous le marché de la production agroalimentaire local ?

Je pense qu’il y a un très grand marché, mais le hic est que le matériel de transformation coûte cher au Sénégal.

 

4.    Quelles valeurs ajoutées les produits de Diobass Agroalimentaire offrent-ils par rapport à la concurrence ?

Nous produisons des jus naturels, en respectant le processus de transformation de manière à ce que nos produits puissent être conservés pendant très longtemps sans conservateur. Nous produisons en fonction de la demande et du désir du consommateur. De plus nos prix sont standards, et ne fluctuent pas comparativement aux prix sur le marché.

 

5.    Aujourd'hui les supermarchés leaders dans la distribution travaillent-ils de concert avec vous pour la promotion des produits locaux ?

Oui nous travaillons avec les stations-services, c'est -à -dire avec les stations totales, dia oïl etc. Nous avons aussi des revendeurs qui achètent en gros pour vendre chez eux.

 

6.    Avez-vous pensé un jour exporté les produits de Diobass ?

Nous sommes en réflexion par rapport à cette perspective car nous avons beaucoup de demande de l'extérieur.

 

7.   Eprouvez-vous des difficultés dans l'acquisition des intrants pour votre production ?

Parfois oui, car certaines matières premières sont disponibles toutes l'année, et d’autres sont saisonnières par exemple les ditakhs, les mangues, le corossol, la goyave...nous sommes obligés parfois d'acheter une très grande quantité qu’on conserve. Cependant cette stratégie augmente nos coûts de production. A tout cela s’ajoute des difficultés pour les processus d’embouteillages et l’accessibilité aux bouteilles. C’est problématique de trouver des bouteilles pour la production de jus naturels.

 

 

8.  Quelle est la vision de Diobass dans un court à moyen terme ?

Notre objectif est d'être reconnu au niveau national d'ici 5 ans, et atteindre au minimum 10 régions du Sénégal ; avoir un chiffre d'affaires de plusieurs millions et agrandir notre capacité de production à plus de 3000 litres par mois.

 

9.Quels sont les fruits que vous utilisez plus souvent fréquemment ?

bouy, bissap blanc et rouge, gingembre, tamarin, ditakh, cocktail bouy bissap, cocktail bouy gingembre, corossol, mangue, citron et guyave

 

10.  Quels conseils donnez-vous à un étudiant en agroalimentaire qui souhaite se lancer dans la transformation au Sénégal ?

Je lui conseille d'abord d'avoir les compétences techniques avant de se lancer, car tout produit alimentaire à des normes de production et de transformation à respecter. Ensuite passer à l'action avec une gamme en évitant d'être multitâche dès le début, c'est à dire vouloir produire plusieurs produits en même temps. L’idéal serait de commencer avec un seul produit, en essayant d'intégrer le marché au fur et à mesure pour ensuite élargir sa gamme. Faire un développement personnel, être persévérant, savoir prendre des décisions, être patient et courageux, savoir trouver des opportunités, avoir une très bonne communication, et commencer avec les moyens du bord, sont des ingrédients à la recette du succès. Ayez confiance en votre projet et faites avec ce que vous avez.

 

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Rédactreur(trice)

1 commentaires

très intéressant

MAMADOU SENGHOR

11 Jan 2021 à 15:13

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