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Elevage du mouton Ladoum au Sénégal

Vers 1960, les éleveurs de la ville de Thiès ont été parmi les premiers à ramener la race Ladoum de son berceau mauritanien, dans le but d’améliorer génétiquement leurs troupeaux.


 

Les éleveurs organisent une circulation des géniteurs entre leurs troupeaux et les meilleurs résultats ont été observés par rapport à la vitesse de croissance et au poids des animaux. Les agneaux obtenus par ces éleveurs sont vendus un peu plus cher que ceux des autres races locales. Un agneau ou une agnelle Ladoum coûtait 60000 FCFA, il y a plus de 10 ans, les prix ont connu une hausse et se situent entre 100 000 à 150 000 FCFA par agneau ou agnelle.
Cet élevage se pratique dans d’autres villes du Sénégal comme Dakar, Mbour et Saint-Louis. Au niveau de Dakar, on note en 2009, la création du Groupement d’Amélioration de l’Elevage Ladoum (GAEL). Des foires de mouton « Kharbii » sont organisées presque dans toutes les régions du Sénégal. Ces foires sont des occasions d’échanges mais aussi de consolidation du réseau des éleveurs de mouton Ladoum.

 

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I-Techniques et pratiques d’élevage du mouton Ladoum

Le système d’élevage pratiqué par les éleveurs est de type intensif. Les animaux sont en stabulation dans des cases ou des hangars à l’intérieur des concessions où ils reçoivent toute leur alimentation et soins sanitaires nécessaires.

A-Moyens matériels et humains

Les équipements et infrastructures mis en place sont fonction des capacités des éleveurs. La main d’œuvre utilisée est sous forme familiale ou salariée pour assurer le suivi et l’entretien des animaux.

 a. Habitat des animaux

Un local de la concession de l’éleveur est transformé en habitat sous-forme de cases ou de hangars en matériaux définitifs. Ces éleveurs créent toutes les conditions de sécurisation de leurs animaux car le vol de bétail est fréquent dans la zone.

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b. Matériels et équipements d’élevage

Les matériels identifiés sont entre autres, les mangeoires, les abreuvoirs, les râteaux, les pelles et les seaux. Ils sont généralement de fabrication artisanale locale. Les éleveurs préfèrent plus les abreuvoirs et mangeoires en plastiques que ceux en fer à cause de la rouille. Les mangeoires en plastique servent en même temps d’abreuvoirs dans les élevages.

 

c-Moyens humains 

La main d’œuvre est un facteur déterminant dans la réussite des activités d’élevage. Elle permet d’assurer les conditions d’alimentation, de santé et d’hygiène des animaux. En général, les promoteurs des élevages sont occupés par leurs activités professionnelles ; ils utilisent alors de la main d’œuvre familiale ou salariée selon les possibilités qui s’offrent à eux.

B- L’alimentation 

L’alimentation de base est constituée des fanes d’arachide et de niébé. La complémentation est effectuée à partir d’aliments concentrés à base des céréales et des résidus agro-industriels. L’alimentation est presque homogène pour tous les animaux mais les jeunes et les femelles en gestation reçoivent en plus, des vitamines et des sels minéraux. Environ 91% des éleveurs font leurs propres mélanges à partir des intrants locaux et de l’aliment industriel ; les 9% restants  utilisent directement l’aliment bétail des industriels fabriqués par GMD, NMA Sanders et SEDIMA).

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II-Hygiène et santé des animaux

 Les pratiques sanitaires observées dans les élevages sont le déparasitage et la vaccination des animaux contre certaines maladies fréquentes dans la zone. Tous les éleveurs enquêtés vaccinent les animaux contre les principales maladies suivantes : la peste des petits ruminants (PPR),la pasteurellose, la clavelée, la toxémie et l'entérotoxémie de gestion. Ce niveau de couverture vaccinale est atteint grâce aux initiatives développées par l’association des éleveurs. La vaccination est organisée et subventionnée par l’association qui fixe le prix à 400 FCFA par tête pour tous les quatre vaccins.

III-Techniques de reproduction

Certains éleveurs enregistrent, les dates de mise en chaleur, de saillie et de celles de mise bas. Ces informations permettent aux éleveurs de faire le suivi de la gestation, de l’agnelage et de déterminer l’âge des animaux au moment de la vente.

 Choix des géniteurs 

Les différentes pratiques de choix identifiées sont notifiées : Né dans le troupeau, achat prêt,   né dans le troupeau et achat,  achat et prêt , né dans le troupeau et prêt.

Pour les choix de géniteurs, environ 94% des éleveurs diversifient l’utilisation des géniteurs par l’achat et le prêt. Cette tendance peut s’expliquer par le fait que les éleveurs prennent en compte la notion de consanguinité afin d’éviter les conséquences liées à cette dernière. Après un premier tour de saillie des brebis par un géniteur, il est soit isolé dans le cas où les produits obtenus répondent aux critères recherchés soit automatiquement vendu dans le cas contraire. Les critères retenus par les éleveurs pour reconstituer leurs troupeaux à partir du choix des jeunes mâles et femelles sont: la longueur de la queue, le chanfrein, la longueur du corps, la hauteur au garrot et la robe.

IV- Fonctionnement du marché de mouton Ladoum

Toutes les transactions des éleveurs sont effectuées à travers leur réseau. Les achats et les ventes sont opérés sur les lieux d’élevage et non sur les marchés à bétail. Les éleveurs organisent des visites inter-exploitations qui constituent des occasions pour vendre et acheter des animaux. Les éleveurs profitent des émissions de mouton « Kharbii» organisées par une télévision de la place pour faire la promotion des élevages. C’est une occasion pour présenter les élevages et identifier les meilleurs éleveurs sur la base de certains critères.

L’élevage de Ladoum est considéré comme une activité de prestige vu les niveaux des prix pratiqués. Les prix moyens observés chez les jeunes ovins sont spécifiques aux moutons Ladoum (250000 à plus 1000000 FCFA) à cause du label et de la demande. La demande est plus importante pour les jeunes ovins car les éleveurs les achètent pour reconstituer le troupeau ou pour démarrer l’élevage.



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